Category: Livres,Sciences, Techniques et Mdecine,Mdecine
Madame de Svign et la mdecine du Grand Sicle Details
?"Comment vous portez-vous, ma bonne ?" Des mille et cent lettres qu'a laissées l'inoubliable Marquise, telle semble être l'une des formules qui ressort sans cesse, quand elle harcèle sa fille de ses conseils avant de lui infliger le récit de ses "vapeurs". Yves Pouliquen, grand médecin d'aujourd'hui, signe un portrait original de Marie de Sévigné, mais aussi de tous ses proches : l'énigmatique Françoise, sa fille ; son gendre, aux assiduités excessives ; son fils, en proie, lui, aux pannes amoureuses ; et aussi son subtil cousin Bussy-Rabutin ; ou encore, le toujours chagrin La Rochefoucauld et la souffreteuse Mme de La Fayette, qui mêlèrent leur douleur dans l'illusion d'un amour. Entre saignées, purges, séjours aux eaux, potions, décoctions et remèdes de charlatans, on y croise quelques maîtresses de Louis XIV, des duchesses contagieuses et, bien sûr, de nombreux médecins dont Molière n'exagéra qu'à peine les travers et que Boileau, Racine, La Fontaine, Saint-Simon sans cesse évoquaient. Ce faisant, c'est un portrait psychologique intime de la Marquise qu'Yves Pouliquen nous offre, suivant pas à pas ses plaintes, ses peurs, ses émois. Au-delà du pittoresque, on redécouvre un siècle qui fut sans doute celui de l'esprit, mais surtout celui du combat avec les maux du corps. Et pour eux, il n'existait alors guère d'autre recours que la Fortune. Yves Pouliquen, de l'Académie française, chirurgien, a dirigé le service d'ophtalmologie de l'Hôtel-Dieu de Paris, ainsi qu'une unité de recherche, à l'Inserm. Il a notamment publié La Transparence de l'oeil, Un oculiste au siècle des Lumières : Jacques Daviel et Le Geste et l'Esprit. La nouvelle ère de la chirurgie.
Reviews
Empiriquement vtre.Tout lecteur (un peu assidu) de la Marquise de Svign ne manque pas d'tre surpris et intrigu par les nombreuses et tranges considrations sur la sant (et la maladie) dont elle agrmente ses lettres. Il aura fallu la patience scrupuleuse, et toute l'lgance de style, de Yves Pouliquen pour que cette littrature dans la littrature prenne du sens. Il passe au tamis de la mdecine (ou ce qui lui ressemble, alors) toutes ces bribes de correspondance o notre bien-aime Marquise se rpand en rflexions saugrenues sur sa sant, celle de sa fille, de sa famille et de ses proches. La "bobologie" du XVII me sicle, est une science trs inexacte, fantaisiste, o les croyances antiques le disputent au charlatanisme d'une Acadmie (de mdecine) misrable et pourtant pleine de fatuit. Les mdications les plus fantaisistes suivent des diagnostics loufoques. Tout cela est pris avec le plus grand srieux tant par les prescripteurs que leurs patients... qui survivaient par le miracle de la providence, ou de la poudre d'yeux d'crevisses ! Il serait presque amusant de passer en revue toutes ces tribulations mdicales si l'on ne devait songer, en mme temps, aux malheurs de toutes ces victimes saignes doublement par leurs maladies et leurs terrifiants "remdes". On s'tonne de l'incurie de ce grand sicle dans un domaine o le gnie humain tait, contrairement d'autres, fort balbutiant, mais au combien prsomptueux.On ne peut s'empcher de penser ce qui sera dit dans trois sicles de la mdecine de notre poque si arrogante et bouffie de certitudes. Peut-tre la mme chose ? Au fond, sommes nous si srs du gnie de notre temps ?Une fois, encore la Marquise de Svign, secoue la pense du sicle.Ouvrage trs bien document, avec l'aide du regrett Roger Duchne (Pliade - Gallimard).Ren Grandjean 2006-05(Mme de Svign et la mdecine du grand sicle. Yves Pouliquen. Ed. Odile Jacob 2006-03)
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