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Après Badiou (essai français) Details
"Mehdi Belhaj Kacem a été proche d'Alain Badiou. Il est de ceux qui connaissent le mieux, et de l'intérieur, la mécanique et les ruses de son œuvre. Badiou l'a même tenu pour l'un de ses disciples les plus prometteurs. Et voilà que le disciple en est venu, par un cheminement dont il rend compte, ici, avec probité, à considérer que l'œuvre du maître contenait d'impardonnables impostures.Après Badiou est un livre joyeux et cruel. Plein d'humour et de savoir. C'est un démontage biographique (toute philosophie n'est-elle pas, selon le mot célèbre, une biographie mise en concepts ?) non moins que métaphysique (sur la question de l'Evénement, sur celle de l'Universel, sur l'énigme du Mal et de l'insistante surdité de "la" philosophie à son interpellation, Belhaj Kacem avance ses propres thèses qui s'opposent point sur point à celles de Badiou).Comment un philosophe en vient-il, de l'apologie de Pol Pot, au déni de l'existence même du problème écologique ? D'où procède son mépris de la démocratie ? Pourquoi son platonisme ne peut-il, pris à la lettre, que rendre sourd et aveugle au surgissement de l'événement, le vrai, tel celui qui importait, à l'heure où ce livre s'achevait, la dictature en Tunisie puis dans une large partie du monde arabe ? Telles sont quelques-unes des questions qui hantent ce livre sincère et limpide, plein de colère et de révolte — et brûlant d'une belle passion pour la vérité.De la terreur en philosophie, et comment s'en libérer. La première déconstruction d'un système dont on se dit, lecture faite, qu'il ne tenait peut-être que par l'intimidation qu'il diffusait."B.-H. L.

Reviews
Le pamphlet de MBK est un grande réussite, pour qui toutefois se montre capable d'apprécier le grand style antiphilosophique, soit volontiers littéraire et privilégiant une forme salutairement "féminine" d'expression. Exit la psychorigidité forclose des obsédés de la propreté logico-éternelle, bien que notre MBK revendique une véritable rigueur philosophique, il faut le dire : ce n'est pas, par exemple, un pamphlet anti philosophie analytique. Je ne parle ici que de l'impression qui s'en dégage.Grâce à un humour ravageur, MBK parvient à susciter des images fortes et crédibles : on rit beaucoup en imaginant ces groupuscules d'agrégatifs ou doctorants entreprenant des visites platonico-universalo-ridicules chez des ouvriers sans-papiers en pontifiant sur le caractère éternel de telle ou telle manifestation ou s'interrogeant sur la validité logique de l'Amour. Rarement on aura vu une telle joie cruelle dans le démontage des ces rituels creux et abscons d'éternels étudiants pas fichus de vivre et d'agir sans un écran de vérités éternelles les protégeant d'une rencontre pure et simple avec l'Autre et le monde tel qu'il est.On regrettera néanmoins les accents parfois mégalomaniaques de MBK, qui tente de nous faire croire qu'il est comme le "premier à ouvrir les yeux", alors même que la potentialité fasciste de la gauche radicale a déjà été identifiée par de nombreux auteurs, d'Adorno aux défenseurs plus récents de nos fragiles démocraties (mais il est vrai que ce n'est pas là l'objet de son opus). Ceci dit, on sait bien que ces "crevards d'antiphilosophes" (dixit MBK) sont contraints de compenser comme ils peuvent leur statut véritablement précaire...faute d'une rente scolastique.Bravo et merci à MBK.
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